Une affaire de programme (génétique)
On naît pédophile ou suicidaire : à plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy a exprimé sa croyance dans le déterminisme génétique. Selon ce principe, ce sont nos gènes qui commandent ce que nous allons devenir. Des personnes se suicideraient parce qu’elles ont un terrain favorable, une forme de fragilité qui les expose plus au suicide que les autres.
Ces déclarations ont été vivement critiquées par d’autres candidats et des scientifiques comme Axel Khan. "La vision d'un gène commandant un comportement complexe tel que ceux conduisant à l'agressivité, à la violence, à la délinquance, à la dépression profonde avec dérive suicidaire, est ridicule et fausse". a ainsi écrit ce généticien dans l’hebdomadaire Marianne. L’existence éventuelle d’un gène du suicide, de l’agressivité ou de l’homosexualité divise régulièrement les scientifiques. Beaucoup jugent cette idée très simpliste… et bien commode pour éviter les questions gênantes. Ainsi, on ne se suiciderait pas parce que la société ou le monde du travail sont parfois très durs mais parce qu’on est « programmé » par nos gènes. Au-delà, on pourrait alors étudier les gènes de chacun et savoir s’il sera « normal » ou pas. Ce serait ignorer alors toute l’importance de l’éducation, de l’expérience de la vie, du partage et des rencontres avec les autres.
Frédéric Fontaine, Les Clés de l’actualité junior















Commentaires